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L’histoire de la Adidas Superstar : l’alliance du hip-hop et de la culture sneakers

My Adidas Run DMC
205vues

La mode doit beaucoup au Hip-Hop, en particulier pour les sneakers. C’est grâce à RUN DMC et à leurs Adidas Superstar, que vous portez des baskets en dehors des terrains de sport. Et savez-vous pourquoi…?

 

Nous avions vu il y a quelques temps, que la chaussure de sport avait commencée avec la Converse All Star Chuck Taylor. La toute première vraie basket. Comme cette dernière, la Adidas Superstars commence aux pieds des grands basketteurs. Mais comment est-elle arrivée là? Commençons par le début.

 

La Stan Smith, grande soeur de la Superstar

En 1959, Adidas en plein développement, décide de racheter une usine en France. Et c’est le fils du fondateur de la marque, Horst Dassler, 23 ans,  qui était chargé de développer le marché des chaussures de football en Allemagne. Il fit plus que fructifier Adidas France. En 1968, on comptait jusqu’à 8 usines sur le territoire français. Le fils avait élargit son rayon d’action. Alors que son père voulait continuer dans le milieu du foot et de l’athlétisme, Horst lui, visait autre chose : le tennis. Il élabora, avec Roger Haillet (tennisman français), un nouveau concept de basket : une semelle en caoutchouc avec des motifs moulés pour l’adhérence et une tige entièrement en cuir, avec perforations pour l’aération. Un véritable succès. La marque signa par la suite un contrat avec un certain Stanley Smith, se qui donna définitivement le nom à la chaussure : Stan Smith.

Stanley Smith

Adidas Stan Smith  Adidas Stan Smith logo
Mais alors quel rapport avec la Superstar vous me direz? Et bien en 1968, une réforme Européenne portant sur les frais de douanes pour l’exportation, permit à la marque de développer le modèle de la Stan Smith aux Etats-Unis. Et l’accueil fut énorme. Dans le foulée, la marque aux trois bandes développa deux modèles pour le basketball,  largement inspirés de la basket Made In France : la Supergrip, un modèle bas et la Pro Model, une version montante.

adidas pro model  adidas supergrip
adidas pro model et supegrip adidas supergrip
Au début, seul les San Diego Rockets portaient cette nouvelle paire. Les autres équipes étaient un peu septiques. Mais lors des Jeux Olympiques de 1968, Adidas réussit à faire porter son nouveau modèle à toute l’équipe Américaine. Résultat, la saison suivante, la plupart des joueurs NBA portaient cette nouvelle paire révolutionnaire. Elle était toute en cuir, à la différence des Converse All Star. Plus stable, plus résistante mais aussi plus lourde. Cette saison là, les Boston Celtics remportèrent le championnat Adidas aux pieds, la « Supertar » étaient nées.

Jabbar Adidas Pro Model

A peine sortie, la chaussure se vue revisitée avec un embout dur au niveau des orteils. Ce renfort était surtout fait pour renforcer la chaussures, car les tennismen abîmaient le bout lors des services. Mais aussi pour copier sa concurrente au niveau du basket, la Converse All Star. Pour se différencier, un effet couture fut apporté. Le modèle se développa à tel point que dans les années 1970, on estimait à 85% les joueurs portant la Adidas Supertar.

 

Culture Hip-Hop et sneakers, les débuts d’un amour fou

Dans les années 1970, le mouvement Hip-Hop vu le jour dans le South Bronx à New-York. Ce mouvement associe plusieurs disciplines et acteurs : les Djs, avec DJ Kool Herc appelé aussi le « père fondateur du hip-hop », le scratching, avec le Grand Wizard Theodore, le Rap ou MCing, le graffiti, le break dancing ou b-boying, le beatboxing… bref une culture street originaire des ghettos noirs et latinos de New-York. (Pour en savoir plus, vous pouvez aller jeter un oeil à la série The Get Down). En 1980, un groupe sort du lot, des précurseurs du rap hardcore de par sa fusion entre notamment rap et rock : RUN DMC.

RUN DMC RUN DMC
Le groupe a un style particulier : veste en cuir noir, chapeau vissé sur la tête, grosse chaîne en or, et Superstar aux pieds sans lacets, pour faire rappeler le milieu pénitentiaire où on enlevait les lacets des chaussures avant de rentrer dans les cellules. Les trois rappeurs parcourent les Etats-Unis, enchaînent les concerts et les succès, toujours avec leurs Adidas aux pieds pour montrer leur décalage avec la société. En 1985 Jerrald Deas, sort un son appelé “Felon Sneakers” où il s’oppose aux sneakers. La réponse ne se fit pas attendre. Run DMC chante « My Adidas », lors de la sortie de leur nouvel album « Raising Hell ». La chanson rend un grand hommage à la Superstar et tente de mettre fin aux stéréotypes du b-boy.

C’est un énorme succès. Tout le monde veut « sa Adidas ». Le groupe invite les dirigeants de la marque, pour qu’ils visualisent l’effervescence qu’apporte cette chanson. C’est à New-York le 19 Juillet 1986, au Madison Square Garden, qu’un responsable marketing d’Adidas USA, Angelo Anastasio, comprend le succès du groupe. Lors du concert, plus de 40 000 personnes brandissent fièrement leurs Superstar lorsque le groupe entame leur chanson. Dès lors Adidas propose un contrat à plus d’un million de dollars aux trois membres du groupe. C’est le premier contrat de sponsoring entre des artistes hip-hop et une grande société. Une ligne de vêtements verra même le jour par la suite. C’est ainsi que la Superstar, et les sneakers en général, vinrent envahir les rues des ghettos des Etats-Unis. Depuis, elle ne cesse d’être rééditée. On peut la retrouver dans des éditions spéciales en collaboration avec d’autres artistes comme Missy Elliott ou Pharrel Williams.

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Et quelques années plus tard une autre paire de sneakers va révolutionner cette nouvelle culture, la Nike Air Jordan I. Mais ça on verra ça un autre jour…

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Arnito

Dans la vie il faut aller de l’avant! Mais pas n’importe comment. Sneakers aux pieds, la vie me mène ici pour vous transmettre cette culture street. Suivez le guide…

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