On a vu Comment c’est loin de Orelsan, avec Orelsan et Gringe.

Aurélien est gardien de nuit dans un hotel, avec son ami Gringe, il essaye depuis près de 5 ans de percer dans le rap et de sortir un album. Sauf qu’ils n’ont jamais finis une seule chanson. Après un utlimatum de leurs producteurs, ils ont 24h pour sortir une chanson.

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Avant plus de détails, la bande annonce ci-dessous.

A première vue, ce film peut paraître hyper casse gueule. Un duo de rap français qui se lance dans le cinéma pour raconter une histoire semi-biographique, ça pourrait franchement sentir le navet. Et bien absolument pas.

Deja, concernant la partie semi-autobiographique, ce film aborde des points proches de l’histoire d’Orelsan et de Gringe mais ce n’est pas leur histoire. Ablaye et Skread sont bien leurs producteurs, ils sont bien originaires de Caen, ils ont galéré à certains moments. Point barre. Rien de plus. Le reste c’est de la fiction. Le duo est arrivé sur ce film avec une vrai proposition, une histoire à apporter. Et heureusement. C’est la première bonne surprise de ce film.

D’autre part, ce n’est pas un film de rappeur. C’est un film où la musique apporte un contexte, une bande son, un environnement. Ce n’est pas un film de Rap, ce n’est pas un film sur la musique, ce n’est pas comme un Straight Outta Compton ou un 8 mile. C’est une comédie. C’est un film sur 2 mecs, la trentaine, dans une ville de campagne.

En ce qui concerne les thèmes abordés, le film apporte un vision assez dramatique de la jeunesse désabusée. On est sur une  sorte de focus sur une génération perdue qui essaye de se battre contre ces vieux démons que sont la procrastination, les potes envahissants, les problèmes de couple, etc. Mais encore une fois cette approche se fait avec une certaine finesse et franchise qui rend les personnages touchants.

Pour continuer, on va parler des acteurs. J’avais vraiment peur. Orelsan et Gringe ne sont pas des acteurs, ni même la majeure partie du casting. Il n’y a personne de connu dans ce film. Et heureusement. Personne ne tire la couverture sur soi. La manière de jouer est homogène. Certes c’est maladroit, parfois un peu faux. Mais cela donne un ton global au film.

Enfin on ne peut pas parler de ce film sans parler de la BO. D’un point de vue musical, c’est très propre. En même temps avec le talent d’écriture d’Orelsan, le contraire aurait été surprenant. Sur ce film, la BO est vraiment très sympa. On a un mélange entre chanson de rap, instru, comédie… bref c’est assez ecléctique.

Petit apparté sur la musique, il y a 3 pistes qui ressortent clairement sur cette BO. Déja, le single Inachevés est juste énorme. Il est l’aboutissement du film et apporte tellement qu’il est difficile de les dissocier. Ensuite, il y a J’essaye J’essaye avec la grand mère d’Orelsan qui est vraiment juste, profonde. Et enfin, il y a Au bout du compte en featuring avec Akhenaton & Wiley. Cette chanson est  un ovni dans la BO, mais peu importe, elle passe très bien.

Pour conclure sur ce film, c’est une  bonne surprise. Le film aborde beaucoup de thématiques assez forte mais toujours d’une manière très juste. Les acteurs sont simples mais vrais ce qui apporte une sorte de crédibilité au film. On a presque l’impression par moment de se retrouver sur une sorte de film / reportage / télé réalité. On pourrait retrouver ce genre de situation chez son voisin. Et enfin les aspects techniques du film comme la photographie et la musique sont en parfaite adéquation avec l’univers global du film, à la fois basique mais juste.

Ne vous attendez pas à voir un grand film, ce n’est pas le cas. Mais c’est un bon moment. 1h30 de désilussion, d’humour, de réflexion puérile et basique.